L’Invitation à la Valse

Alexandre Dumas

N’a-t-on qu’un rêve dans sa vie ?

J’AVAIS FAIT, COMME TOUT LE MONDE…

Jeune homme famélique et ambitieux, fraîchement arrivé à Paris, Alexandre Dumas rêve de réformer le théâtre français et se lance dans une carrière d’auteur dramatique qui le conduira au coeur de la Comédie-Française. Mais de déconvenues en désillusions, de scènes comiques en dialogues absurdes, il va se heurter au monde qu’il convoitait et découvrir « qu’au théâtre, tout au contraire de la nature, les joies sont pour l’enfantement, et qu’après l’enfantement commencent les douleurs.  »

L’INVITATION A LA VALSE…

Mariée contre son gré à un homme qu’elle n’aimait pas, Antonine d’Ivry n’a qu’un rêve dans sa vie : retrouver Maurice, l’ami d’enfance qu’elle n’a jamais cessé d’aimer. Enfin veuve, après sept ans de silence, elle écrit à Maurice, parti l’oublier en Afrique, qu’elle est libre et qu’il peut lui revenir. Mais il revient…

Deux personnages différents ; l’un réel, l’autre fictif, qui partagent les mêmes initiales. Deux rêves, moteurs de toute une vie, qui se heurtent à la réalité et vont transformer à jamais ceux qui les ont faits. Le Dumas qui entre en scène ici est celui d’avant les Mousquetaires et Monte-Cristo, d’avant le Théâtre-Historique, d’avant la fortune et la gloire, d’avant la ruine et l’exil. Il n’est encore qu’un inconnu désirant se faire connaître. Comme un écho de ces premières années, Antonine d’Ivry, personnage créé par Dumas près de vingt-cinq ans après ses débuts, par amour pour la jeune comédienne Isabelle Constant, croit qu’une vie passée à respecter les règles donne droit au bonheur.

Dumas fera jouer ses pièces, trouvant des adversaires à chaque pas. Il bâtira son théâtre mais il le perdra. Il fera construire son château mais il le perdra. Seule lui restera la gloire dont il rêvait, acquise dans une autre voie que celle qu’il avait choisie. Antonine, quand à elle, s’apercevra qu’il lui fallait compter avec le destin, avec les autres et avec elle-même, et chercher l’amour ailleurs qu’elle ne l’imaginait.

Avec un humour éclatant et une ténacité désespérée, Dumas porte haut les couleurs de tous ceux qui, confrontés à l’adversité, s’obstinent à rêver quand même. Quel que soit le costume, car ne l’oublions pas :

« Il parait que c’est chose fort difficile aujourd’hui. Mais à coup sûr, c’était chose plus difficile encore à cette époque ! »

 

Spectacle tout public. Durée : 1h30

L’équipe artistique

Cliquez sur les noms pour lire leur présentation
Caroline DARNAY - Comédienne et metteur en scène
S’est tournée vers le théâtre après des débuts dans la danse et la comédie musicale. Formée chez Jean-Laurent Cochet, elle a joué G.B. Shaw, Molière, notamment aux côtés de René Camoin, Shakespeare, Marivaux, Dumas fils, Ionesco, Zola dans une adaptation de Florence Camoin et dans Basile, une pièce dont elle est l’auteur, ainsi que plusieurs rôles à la télévision et au cinéma avec Mario Monicelli, Olivier Assayas et Lars Blumers. Elle a collaboré à la mise en scène de plusieurs opéras bouffes d’Offenbach La Princesse de Trébizonde, La Périchole et Le Pont des Soupirs. Elle a mis en scène La Répétition d’Anouilh, L’Heureux Stratagème de Marivaux, Le Demi- Monde de Dumas fils, La Paix du Ménage de Maupassant, L’Invitation à la Valse de Dumas et Suivez le Guide ! une création de Calliopé Comédie.
 
Nathalie NEWMAN - Comédienne

Elle fait ses débuts sur les planches dans Feu la Mère de Madame de Feydeau, puis joue dans George Dandin de Molière, La Nuit des Rois de Shakespeare, L’Ecole des Veuves de Cocteau et retrouve Molière avec Amphitryon. Elle poursuit sa formation théâtrale chez Jean-

Laurent Cochet. Elle joue ensuite dans La Paix du Ménage de Guy de Maupassant, à Paris et en région parisienne puis au Festival d’Avignon et en tournée en province jusqu’en 2012. Vient ensuite L’Invitation à la Valse d’Alexandre Dumas où elle tient le double rôle de Mademoiselle Mars et de Madame d’Ivry, qui suit le même heureux chemin que le spectacle précédent.

En 2013 et 2014, elle joue dans Suivez le Guide !, une création de la compagnie Calliopé Comédie. Puis elle joue dans Opus Coeur d’Israël Horovitz, au côté de Jean- Claude Bouillon, lors du Festival d’Avignon ainsi qu’en tournée. Elle participe également au film My Old Lady d’Israël Horovitz.

En 2015, elle interprète de nouveau le rôle de Kathleen dans Opus Cœur au côté de Marcel Maréchal pour la reprise parisienne au Théâtre du Petit Hébertot et au festival off d’Avignon.

En 2016, elle travaille sur de nouveaux projets, le spectacle On a vécu tout ça ! et un “seule en scène” pour le Musée Alexandre Dumas. Par ailleurs, elle donne des cours de théâtre à différents publics et encadre des compagnies amateur.

 
Damien BOISSEAU - Comédien
Formé par André Lambert au studio 18, il parfait sa formation à l’Atelier International Blanche Salant, puis avec Jean-Laurent Cochet. Il joue Marivaux, Corneille et Molière puis aborde des auteurs plus contemporains comme Horvath et Pinter dans une mise en scène de Jean-Louis Jacopin au Théâtre du Rond Point. En 2002, il est repéré dans le rôle de Ruy Blas mis en scène par Jean-Luc Jeener et enchaîne dès lors les premiers rôles sur scène. En 2006, il est mis en scène par Caroline Darnay dans Le Demi-Monde de Dumas Fils. Elle lui confie alors le rôle titre de sa pièce BASILE qu’ils jouent ensemble pendant trois ans sous la direction de Rémi Préchac. En 2011, il joue 100 Millions qui Tombent de Feydeau au Palace. A l’écran, il a travaillé avec Robert Masoyer, Frédéric Krivine et Pierre Sisser, et prête régulièrement sa voix aux plus grands acteurs étrangers de sa génération.
 
Pierre CACHIA - Comédien
Après une formation au Cours Cochet, il continue son apprentissage auprès de Stéphane Valensi ainsi que de Scott Williams à l’Actors Center de Londres, tout en suivant des cours de chant et de danse. Il joue Edward Albee, Hanock Levin, Labiche, Eugène O’Neill et Alfred de Musset avant de rencontrer Caroline Darnay sur La Paix du Ménage de Maupassant qu’il retrouve pour L’Invitation à la Valse. Actuellement Il fait partie du groupe de scénaristes Les Indélébiles et travaille sur plusieurs projets pour la télévision et le cinéma.
 
Bernard CHARNACE - Comédien

De formation classique avec J. Périmony, l’ENSATT et le Conservatoire National, il décroche ses premiers contrats aussi bien au théâtre qu’à la télévision. Au long des années, il travaille pour diverses compagnies théâtrales (Denis Llorca, Jacques Lorcey, J.P. Bouvier, Robert Hossein, Cie Sganarelle) et multiplie les disciplines : théâtre, télévision, cinéma, Radio France et BBC à Londres, doublage, écriture de dramatiques pour la radio et d’articles pour des revues de cinéma.

Citons, pour le grand écran : Le Masque de la Méduse (Jean Rollin), Les Fautes d’Orthographe (J.J. Zilbermann) ; pour la télévision Série Mystère, Le Jeune Casanova, Ferchaux ; au théâtre Le Malade Imaginaire (Saint-Maur), La Mégère Apprivoisée (Festival d’Orange), Le Petit Prince (Théâtre du Gymnase), La Boutique au Coin de la Rue (Théâtre Montparnasse)…

 
Emma SANTINI - Comédienne
Très tôt plongée dans l’univers du spectacle vivant, Emma Santini suit les formations de l’école Jacques Lecoq et du Studio de Formation Théâtrale après celles de plusieurs écoles de danse. Elle a assisté Gérard Gelas dans la mise en scène de Comedi. Elle a participé deux fois au Festival Off d’Avignon dans le spectacle La femme au petit renard mis en scène par Alita Baldi et dans une pièce chorégraphique Forget, forgot, forgotten qu’elle a créée et interprétée avec trois autres danseuses. Elle a tourné avec José Pinheiro dans un court métrage Saint Germain des prés, poète.
 
Monika MUCHA - Costumière
Diplômée d’études théâtrales, Monika Mucha commence sa carrière en écrivant pour la Radio Bayerischer Rundfunk et en traduisant, entre autre, des pièces de E.Vacca et de K. Valentin. Ensuite, elle crée l’Atelier Laque et Arts Graphiques Yor à Paris avec lequel elle expose au Grand Palais en 1988. Depuis, elle a créé son propre atelier de costumes et de décors et travaille pour le théâtre (Théâtre de la Porte Saint-Martin, Théâtre Nanterre Amandiers, Théâtre des Variétés, Comédie de Paris, Théâtre La Bruyère avec Les 39 marches), la télévision, le cinéma, la publicité (Sony, Kris, Microsoft, Peugeot, Simone Pérèle). Elle réalise les costumes des spectacles équestres du Musée du Cheval à Chantilly et donne régulièrement des conférences sur l’histoire du costume. Elle a créé récemment les costumes de l’opéra Cosi Fan Tutte, mes de Henri de Vasselot, a réalisé récemment l’exposition sur l’histoire des costumes du Moyen Age au temps futur au Château de Fitou et prépare son Musée de l’Histoire du Costume au Cluzet dans le Gers. Elle a créé les costumes du Demi-Monde, de Basile, de La Paix du Ménage, de L’Invitation à la Valse et d’Opus Cœur.
 
Michel CABRERA - Créateur Lumières - Régisseur
Il découvre la création lumière à l’âge de 30 ans, à l’occasion de tournées, puis au Théâtre du Tambour Royal à Paris. Autodidacte, il se perfectionne dans la conception et la création des éclairages scéniques. Il met en lumière des opéras (Cosi fan Tutte, Péléas et Mélisande, Carmen, Les Noces de Figaro…), pièces de théâtre (Cyrano de Bergerac, Le Fil à la Patte, La Paix du Ménage, Le Tartuffe, Britannicus…), spectacles musicaux (musique Klezmer avec Yom et Denis Curiot, Talila et le Yiddish Blues, Jacques Brel ou l’Impossible Rêve, Barbara, d’une Rive à l’Autre, Barbara, une Passion…), des opérettes (La Belle Hélène, La Vie Parisienne, La Périchole…) et des spectacles pour enfants, tant en France qu’à l’étranger (Liban, Maroc, Djibouti, Syrie). Passionné par la photographie, il fait des clichés de spectacles, portraits, natures mortes, sous couvert de l’association Projet Projo Photo. Michel Cabrera travaille avec Calliopé Comédie depuis sa création.
 
Maryline CABRERA - Régisseur
Bercée dans le spectacle vivant dès son plus jeune âge, Maryline Cabrera débute sur les planches, à l’âge de huit ans grâce à sa tante, la comédienne Marthe Michel. Après ses études en vente, elle revient au théâtre toujours par l’intermédiaire de sa tante qui a fait l’acquisition du Théâtre du Tambour Royal à Paris. Dans un premier temps, elle occupe le poste d’ouvreuse puis accède à la régie. Sa curiosité l’amène naturellement à la création des lumières sur les spectacles (Toi et Moi de Paul Géraldy, m.e.s. Xavier Fahy, La Fourchette de Pétula avec Cécile Jacquillat, Michel Frantz, Pouchkine, m.e.s. Ewan Lowbe…. Elle quitte le Théâtre du Tambour Royal lors du changement de propriétaire et depuis se consacre à la création lumière et aux régies des spectacles vivants tant en tournée (Le Chemin des Dames, La Controverse de Valladolid, Barbara une Passion, La Voilà La Voix de Lola, La Paix du Ménage, L’Invitation à la Valse, et actuellement Une Singulière Thérapie (théâtre Portail Sud Chartres), qu’en résidence avec Les Têtes de Chien au Lucernaire à Paris (pour la troisième année). Passionnée par la photographie et la vidéo, elle est membre de l’association Projet Projo Photo et photographie les spectacles vivants, natures mortes, paysages… Elle travaille avec Calliopé Comédie depuis sa création.
 
Damien VIROT - Webmaster
Damien Virot, diplomé en communication commence sa carrière par un an d’événementiel. Ensuite il interviendra comme professeur à l’ISCPA pendant cinq ans. En parallèle, il intègre une agence de communication éditoriale et print pendant un peu plus de cinq ans. Ses connaissances en Web lui permettront de prendre charge des projets internet, à l’époque traités en externe, et de développer cette activité. L’agence, lui laisse la latitude de se mettre à son compte pour certains clients qu’il avait avant d’intégrer l’agence. Après la fermeture de cette dernière, il poursuit l’aventure en freelance : profession qu’il exerce toujours aujourd’hui sur des projets web, print et multimédia de différentes envergures et en tant que formateur dans différentes écoles. Il accompagne ses clients dans la création de leur univers graphique sur papier et sur le Web. Damien travaille pour Calliopé Comédie depuis sa création.
 
Affiche L’Invitation à la Valse de Alexandre DumasZoomer

 

Dumas et le théâtre

Dumas et le théâtre

« Nous demandions un théâtre national, original, français, et non pas grec, anglais ou allemand ; c’était à nous de le faire. » Alexandre Dumas

« Même si la postérité l’a sacré romancier, Alexandre Dumas se concevait avant tout comme auteur dramatique. » Claude Schopp

Dumas commence sa carrière dramatique en écrivant quelques vaudevilles avec son ami Adolphe de Leuven. Il « fait, comme tout le monde, sa petite tragédie en cinq actes », Christine à Fontainebleau, qui sera reçue à la Comédie Française mais ne pourra y être jouée. En quelques semaines, il écrit Henri III et sa Cour, qui y connaîtra un succès retentissant et fera de Dumas le chef de file de la révolution romantique. Après l’échec de Napoléon vient Antony, « la pièce-phare de la génération romantique », « peut-être le plus grand évènement littéraire de son temps  ». Avec Victor Hugo et Alfred de Vigny, il s’installe sur les Boulevards où il fait jouer Richard Darlington, La Tour de Nesles, Kean, Don Juan de Marana, et bien d’autres, tout en continuant de représenter des pièces à la Comédie-Française : le drame Caligula, et les comédies Mademoiselle de Belle-Isle, les Demoiselles de Saint-Cyr, Un Mariage sous Louis XV, …

En 1847, alors qu’il est déjà devenu romancier, il fonde le Théâtre-Historique, qu’il inaugure avec La Reine Margot lors d’une soirée mémorable. Il y fera jouer ses drames historiques, jusqu’à ce que la Révolution de 1848 le mène à la faillite. Dumas vendra son château de Monte-Cristo et Le Théâtre-Historique fermera ses portes. A quelques exceptions près, il se consacrera désormais à ses romans, ses Impressions de Voyages, la rédaction de ses Mémoires et celle de son Grand Dictionnaire de Cuisine.

Créée au Gymnase le 3 août 1857, L’Invitation à la Valse fut dédicacée à la comédienne Isabelle Constant, rencontrée en 1850 : « A ma chère petite enfant Isabelle à laquelle ce manuscrit appartient ». La Comédie-Française la reprendra pour une centaine de dates trente ans plus tard.

Note d'intention

Note d'intention

« Méfiez-vous des rêves de jeunesse, ils finissent toujours par se réaliser », disait Goethe ; mais que se passe-t-il lorsqu’ils se réalisent alors que nous avons changé ? Et lorsque ces rêves parlent d’amour, à qui pouvait-on mieux s’adresser pour démêler l’imbroglio, qu’à Alexandre Dumas ? Dumas, l’éternel amoureux, qui, dans cette pièce écrite par amour, nous cuisine un festin des plus hilarants et des plus savoureux. Tour à tour, l’amour obéit aux règles et les transgresse, l’amour survit au temps et y succombe, le tout servi par une galerie de personnages d’une telle modernité (l’avocat amoureux de la cliente dont il a précipité le divorce, la petite sœur débrouillarde et faussaire…) qu’il paraissait indispensable de les montrer dans les costumes de leur époque, pour se rappeler qu’ils ne sont pas nés à la nôtre.

Avec Antony, Dumas devenait le chef de file du mouvement romantique et scandalisait ses contemporains. Dans son drame autobiographique et amoral, son héros, bâtard, piétinant les règles figées de la société, entrait dans l’histoire par un adultère et en sortait par un meurtre. Vingt-six ans plus tard, il écrit L’Invitation à la Valse et crée, en parfait négatif d’Antony, le personnage d’Antonine. Une comédie au lieu d’un drame, une femme au lieu d’un homme, une société où les règles devenues élastiques se contournent et s’adaptent ; une pièce enfin qui montre que celui qui choisit de respecter toutes les règles se heurte encore au plus inflexible des obstacles : la réalité.

Loin des grands drames historiques qui ont fait sa renommée, Dumas ne scandalise plus, il touche. Il ne dénonce plus, il compatit. Il décortique les sentiments, analyse les âmes, vient chercher l’être humain dans sa plus fragile émotion. Il nous étonne. Il nous fait rire. Il nous parle d’amour.

A sa mort, Victor Hugo avait écrit à son fils « Le nom d’Alexandre Dumas est plus que français, il est européen ; il est plus qu’européen, il est universel. » Il est l’auteur français le plus lu au monde, et son entrée au Panthéon en 2002 a donné le signal d’une redécouverte de son œuvre colossale. Si j’ai, par cette deuxième collaboration avec Calliopé Comédie, réussi à vous en faire découvrir une facette, alors je lui aurais rendu, à ma manière, un tout petit peu de ce que je lui dois.

Caroline Darnay

…Ah ! Et pour les amoureux de Dumas et les autres, je vous ai concocté un petit lever de rideau surprise sur ses débuts à la Comédie Française, mais chut ! 

Photos                                   Calendrier

Calendrier

L’Invitation à la Valse a été jouée à L’Espace La Comedia (devenu L’Auguste Théâtre), à Paris, de janvier à avril 2011.

Le spectacle a été présenté au Festival Off d’Avignon du 8 au 31 juillet 2011, au Théâtre du Bourg-Neuf, et repris en tournée la saison suivante.